Gemini CLI passe à la trappe : Google sort son méga‑couteau suisse Antigravity CLI
Google vient d’annoncer la mise en orbite d’Antigravity CLI, qui remplace purement et simplement notre bon vieux Gemini CLI. Au menu : du Go, du multi‑agent asynchrone, et une nouvelle plateforme “agent‑first”. Parfait pour orchestrer des usines à gaz, moins fun pour ceux qui avaient un accès gratuit. On dégoupille l’info, on mesure les tensions, et on vous file un tuto pour brancher tout ça proprement.

Ce que Google a annoncé le 19 mai 2026
Dmitry Lyalin et Taylor Mullen (Group PM et Principal Engineer chez Google) ont mis les pieds dans le plat : Gemini CLI, c’est fini à partir du 18 juin 2026 pour les comptes gratuits (AI Pro/Ultra, Code Assist individuel gratuit). De même, Gemini Code Assist pour GitHub ne pourra plus être installé sur de nouvelles organisations et ses requêtes cesseront dans les semaines qui suivent.
À la place, on nous propose Antigravity CLI, déjà disponible, qui reprend les briques essentielles de l’ancien outil (Agent Skills, Hooks, Subagents, Extensions – renommées plugins Antigravity) mais sans parité complète au démarrage.
Pour les pros sous licence Standard/Enterprise ou utilisant Gemini Code Assist via Google Cloud, rien ne change dans l’immédiat : ils gardent Gemini CLI + les derniers modèles Gemini, et peuvent d’ores et déjà tester Antigravity CLI avec leurs projets Cloud.
Pourquoi ce grand chambardement ?
Si on schématise, Gemini CLI c’était un microcontrôleur mono‑cœur bien optimisé : il faisait le job dans le terminal, mais dès qu’on voulait lancer plusieurs grosses routines en parallèle, ça coinçait. Les utilisateurs ont commencé à demander de l’asynchrone, des agents qui discutent entre eux en arrière‑plan pour se partager le boulot (refactoring, recherche, déploiement cloud).
Google a donc pris la décision (radicale) de fusionner tous ses efforts sur une seule plateforme : Google Antigravity. Antigravity CLI est réécrit en Go, ce qui le rend plus véloce, et il embarque un orchestrateur multi‑agent capable de faire tourner des tâches lourdes sans bloquer votre terminal – un peu comme un FPGA qui parallélise les opérations sans sourciller.
La contrepartie : la gratuité grand public saute. Terminé les gemini gratuits qui crachaient du code, des résumés ou des scripts d’infra. Ça va forcément grincer chez les makers, les étudiants, les devs solo qui pompaient l’API gratos pour leurs projets.

Mon avis (avec pincette antistatique) : frustrant, mais logique… et excitant
Parlons cash : perdre un assistant CLI gratuit, c’est comme se faire débrancher son alim de labo au milieu d’un prototypage. Beaucoup d’entre vous l’utilisaient quotidiennement et n’ont pas le budget pour une licence.
Cela dit, en regardant le schéma technique, Antigravity CLI coche des cases qu’on rêvait d’avoir depuis des mois :
- Exécution asynchrone : tu peux lancer un refactoring monstrueux pendant qu’un autre agent te génère des tests et qu’un troisième scrute ta stack cloud.
- Architecture unifiée avec l’app desktop Antigravity 2.0 : tout partage le même “harnais” d’agents, donc les améliorations profitent à tout le monde.
- Performance : écrit en Go, le CLI est plus snappy.
Pour les pros de la sécu qui automatisent leurs scans de vulnérabilités, leurs phases d’OSINT ou leurs investigations forensiques, cette capacité à lancer plusieurs agents en parallèle sans se figer est une petite révolution. C’est un peu comme passer d’un script Bash qui grep les logs à la queue-leu-leu à une vraie plateforme SOAR qui orchestre des playbooks concurrents. Alors oui, la transition fait mal au portefeuille pour les indépendants, mais le gain en réactivité et en couverture peut vite justifier l’investissement quand on opère en SOC ou en Red Team.
Tuto : migrer de Gemini CLI à Antigravity CLI sans court‑circuit
Voici la procédure pas à pas pour brancher le nouvel outil et retrouver vos petits.
1. Installation de l’outil
Téléchargez Antigravity CLI depuis le site officiel (lien dans l’annonce). Sous Linux/Mac, ça donne typiquement :
Pour Windows, passez par l’installeur MSI ou winget selon la doc. L’outil s’appelle désormais antigravity (ou ant en raccourci).
2. Authentification et projet Google Cloud
Comme pour un bon vieux MQTT, il faut s’authentifier :
Choisissez le projet Google Cloud que vous voulez associer. Si vous êtes un compte gratuit, vous devrez activer la facturation pour continuer au‑delà du 18 juin.
3. Récupérer ses anciennes compétences (Skills)
Les fameuses Skills de Gemini CLI sont importables :
Vos Hooks sont à configurer dans ~/.antigravity/config.yaml.
4. Migrer les extensions (devenues plugins)
Si vous aviez codé vos propres extensions, utilisez l’outil de conversion :
Cela vous générera un dossier plugin Antigravity prêt à l’emploi.
5. Profiter de l’asynchrone
La killer feature : lancez une tâche en arrière‑plan avec --async et gardez la main sur votre terminal.
C’est comme envoyer une salve de requêtes à un serveur MQTT sans bloquer l’interface utilisateur.
6. Adapter vos scripts
Mettez à jour vos scripts shell : remplacez gemini par antigravity. Si vous voulez faire un wrapper temporaire, un petit alias gemini='antigravity' dans votre .bashrc peut dépanner.
Ce que la doc de migration nous apprend en plus
La documentation officielle détaille plusieurs points passés sous silence dans l’annonce :
- Migration des extensions : la commande
agy plugin import geminiconvertit automatiquement vos anciennes extensions en plugins Antigravity. Attention, certaines extensions comme les thèmes personnalisés ne passent pas la moulinette. - Serveurs MCP : toujours supportés, mais le fichier de configuration change. Antigravity CLI utilise
mcp_config.json(et non plussettings.json). Pour les serveurs distants, le champurldevientserverUrl. - Skills workspace : si vous aviez des skills dans
.gemini/skills/, déplacez-les dans.agents/skills/. Les skills globales (~/.gemini/skills/) sont reprises sans intervention. En revanche, la commandegemini skillsn’existe plus : il faut gérer les skills manuellement ou vianpx skills install. - Contexte : Antigravity CLI lit à la fois
GEMINI.mdetAGENTS.mddans le workspace, et applique les contraintes globales depuis~/.gemini/GEMINI.md.
Bref, la migration est bien balisée, mais elle demande un peu de gymnastique si vous aviez un setup très customisé.
FAQ – les questions qui grillent
Q : J’utilisais Gemini CLI gratos pour prototyper mes projets domotique, est‑ce que je peux continuer après le 18 juin ?
R : Non, sauf si vous passez à un compte payant (clé API Gemini Enterprise ou abonnement Antigravity). Pensez à sauvegarder vos skills avant la date butoir.
Q : Est‑ce que toutes mes fonctionnalités préférées seront là ?
R : Pas à 100 % au jour 1. Google garantit les fonctions critiques (Skills, Hooks, Subagents, Extensions → plugins), mais certaines features récentes peuvent manquer. La communauté est appelée à donner son feedback sur le forum Antigravity CLI.
Q : Mon script de CI/CD qui appelait gemini va‑t‑il planter ?
R : Oui, le 18 juin les requêtes gratuites seront bloquées. Il faut migrer vers antigravity et éventuellement adapter vos appels API.
Q : Je suis sous licence entreprise (Standard/Enterprise/GitHub via Google Cloud). Je touche à quelque chose ?
R : Non, vous gardez Gemini CLI et son accès aux derniers modèles. Vous pouvez tester Antigravity CLI sans surcoût. Aucune migration forcée pour vous.
Q : Gemini Code Assist pour IDE va‑t‑il aussi disparaître pour les free ?
R : Oui, le 18 juin les extensions IDE cesseront de répondre pour les offres AI Pro/Ultra et individuelles gratuites.
Q : Et pour les nouveaux projets sur GitHub ?
R : Plus d’installations possibles de Gemini Code Assist pour GitHub sur les organisations à partir du 18 juin. Les installations existantes s’arrêteront dans les semaines suivantes, sauf comptes payants.
Q : Où trouver de l’aide ?
R : Documentation technique officielle (lien dans l’annonce) et forum communautaire Antigravity CLI. Des vidéos tutos arrivent.
En résumé
Le 18 juin 2026, Gemini CLI tire sa révérence pour les comptes gratuits. Derrière, Antigravity CLI arrive avec un moteur Go survolté, une vraie gestion multi‑agent asynchrone et une vision unifiée. Pour les makers et électroniciens solos, c’est la douche froide. Mais pour les pros et les usines à CI/CD, c’est un passage obligé vers un workflow plus puissant.
Alors, vous avez déjà soudé Antigravity CLI à votre stack ?
Github
